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Bas les masques !

NOUS N’ACCEPTONS PLUS VOS NORMES

NOUS N’ACCEPTONS PLUS VOS NORMES

Le 16 juin a été une journée riche en émotions.

L’émotion de nous retrouver enfin après cette période si difficile. Nous avons pu rendre hommage à nos collègues décédés du Covid, mort.es de cette absence de reconnaissance et de valorisation de nos métiers, de l’absence de protection.
Nous avons pu, partout en France, dans les villes et les villages, crier ensemble notre colère et ce sentiment d’injustice qui s’est imprimé en nous.

Après des semaines et des mois d’inquiétudes, de violences vécues face à cette maladie autour de laquelle il y a eu tellement de mensonges et de manquements. La violence de ce système, de voir nos vies hiérarchisées, celles de nos aîné.es méprisées, celle de nos travailleur.euses essentielles maltraitées. Nous avons pu crier notre besoin d’être ensemble à nouveau dans le monde des vivants, et nous avons pu crier que ce monde-là nous le voulons différent.

« Pas de retour à l’anormal »

Et qu’est-ce que c’était beau à voir ! La lutte qui s’est exprimée hier a été celle des soignant.es, mais aussi celle de toutes et tous ! Il y avait des infirmièr.es venues avec des pancartes portant le nom de leurs collègues assigné.es, il y avait des enseignant.es, des étudiant.es, des retraité.es. Il y avait la RATP et la RTM, il y avait des artistes, des éducateur.ices, des aides à domicile, des chômeur.ses. Il y avait les syndicats, les gilets jaunes, les collectifs d’hospitaliers, mais aussi les collectifs militants écologistes, antiracistes, féministes. Tout le monde est venu, en solidarité et aux côtés des soignants, mais aussi en solidarité avec tous nos semblables. Car nous sommes tous et toutes concerné.es, et que nous avions envie de nous sentir proche les un.es des autres.

« Pas de retour à l’anormal »

Cette lutte est plurielle, et les moyens de lutter le sont donc aussi. Nos colères se rejoignent mais sont différentes. Ces différences ne doivent pas nous diviser.

La répression policière qu’ont subie certaines des manifestations d’hier est insupportable. A Rennes, où les manifestant.es ont été stoppés par la police après 100m de manifestation, à Nantes, où le centre-ville a été recouvert de lacrymogène une fois de plus, à Paris, dont les scènes de violence tournent en boucle depuis sur nos médias.

Et désormais le discours officiel se construit et nous arrache notre lutte. Là où nous voyons des êtres humains se débattre contre un Etat criminel, revendiquer avec force que les injustices doivent être combattues, le Dominant veut à nouveau nous imposer sa norme. Ce ne sont pas des manifestants, ce sont des casseurs. Ce sont des infiltrés. Cette soignante arrêtée ? Elle avait envoyé une pierre et fait un doigt d’honneur.

« Pas de retour à l’anormal »

Nous n’acceptons plus vos normes. Nous n’acceptons plus que vous nous enfermiez sans cesse, que vous niez ce que nous sommes, que vous nous montiez les uns contre les autres par des artifices si mal camouflés.

A l’hôpital, nous avons essayé d’intégrer vos normes. Une bonne prise en charge, c’est une durée de séjour courte. Une bonne prise en charge, c’est voir 40 patients dans la journée. Une bonne prise en charge, c’est utiliser les fabuleux outils numériques innovants et disruptants que vous nous proposez.
Le résultat, c’est que les soignant.es s’éloignent d’eux-mêmes. Le résultat, ce sont les suicides des collègues. C’est l’absence de sens à nos vies et à notre métier, que certain disent avoir retrouvé pendant cette crise.

« Pas de retour à l’anormal »

Alors les normes, c’est fini. Vous ne nous arracherez pas notre lutte, et vous ne nous arracherez pas le sens qu’on lui donne. L’affirmation de la vie. Tous et toutes ensemble.

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